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 Le bonheur ne se cherche pas

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Travis J. -M376E-

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MessageSujet: Le bonheur ne se cherche pas   Mer 24 Déc - 3:03

: on le rencontre. Dans tes yeux, par exemple. | Réservé


    Cela faisait déjà quelques jours que Travis était à Shiva. Il commençait à comprendre pourquoi certaines personnes y fondaient leurs idéaux et considéraient cet endroit comme un Eden. Mais, il trouvait qu'il ne fallait pas oublier ce système élitiste, et cette incroyable hiérarchie. Cela l'énervait beaucoup : l'ambivalence de ce lieu était troublante mais il considérait toujours qu'il fallait détruire cet endroit et rendre la liberté des personnes qui étaient dans ce lieu. Il fronça les sourcils alors qu'il était dans la ferme, perdu dans ses pensées en train de faire son boulot qu'il détestait certes mais qu'il était obligé de faire pour passer discrètement parmi les membres de sa caste : puisqu'il s'agissait bel et bien de caste. Travis s'occupait des animaux, des animaux comme il y en a des centaines à l'extérieur, des animaux qui étaient adorables et c'est pour cela qu'il les caressait d'un air amusé et attendri tout en faisant attention à ce que personne ne le voit dans cet état. Quelle surprise de voir un homme comme lui dans cet état puisque personne d'autre ne ressentait cette tendresse envers les animaux. La jeune femme qui travaillait avec lui le fit sortir de ses pensées en le poussant dans la paille, il rit légèrement tout en se redressant doucement. Voilà qui le faisait rire. Un peu d'amusement dans un monde si tiré et lisse qu'il détestait. C'est ainsi qu'ils se taquinèrent comme deux amis peuvent se taquiner mais il cessa aussitôt en lui disant de se remettre au travail avant qu'on ne les gronde. Elle replaça ses cheveux avant de se diriger vers le lieu de son travail tout en maugréant légèrement. Travis leva les yeux au ciel avant de se remettre lui même au boulot tout en fredonnant des chansons qui étaient plutôt connues à l'extérieur. Il fallait qu'il se dépêche s'il voulait la croiser à la cafétéria.

    Travis avait fini de nettoyer les écuries et surtout de veiller à ce que le lait des vaches soit tiré comme on leur demandait si gentiment. Une fois le travail fait, il considérait qu'il pouvait se rendre dans cet endroit pour aller manger un petit quelque chose ... un plat que tout le monde mangeait, la même chose, tout le temps. Il pouvait sembler un peu grognon quand on faisait attention à son comportement : les froncements de sourcils, les arquements de sourcils, les jurons soufflés à voix basse ... mais pour ceux qui le considéraient comme quelqu'un de banal et de sans importance, on ne voyait qu'un homme plutôt mignon qui était de bonne humeur. Quelqu'un comme tout le monde, donc. Travis se dirigeait vers le quartier collectif d'un pas empressé et enthousiaste. Il collait parfaitement au monde de Pleasantville ô combien artificiel, cela le faisait rire de savoir qu'il pouvait passer inaperçu dans un endroit comme celui-ci. Lui qui était complètement contre ces idées se trouvait parmi ces ennemis. Une fois arrivé devant ce qui leur servait de réfectoire, Travis poussa les portes tout en affichant un sourire satisfait. Il semblait paisible mais on voyait bien qu'il cherchait quelqu'un du regard, qu'il balayait la pièce d'un regard inquiet.

    Puis, il l'aperçut. A une table, souriante, rayonnante, sereine, heureuse, elle lui semblait avoir bien survécu à son absence et cela, même s'il le cachait, lui faisait beaucoup de mal. Il ne parvenait pas à croire que sa soeur avait survécu à son absence et peut-être l'avait-elle remplacé par quelqu'un, un garçon au coeur tendre. Il détestait cette idée et cela se voyait. Travis ne put que sentir son coeur battre un peu plus fort au fur et à mesure que les mètres qui les séparaient s'amenuisaient. Il prit son courage à deux mains avant de s'asseoir à ses côtés tout en ayant un verre de lait et un plat de salades entre les mains. Travis savait qu'elle l'avait déjà vu, remarqué pour être plus précise et qu'il fallait donc faire attention à ce qu'il disait pour ne pas l'effrayer.


    « Bonjour. Matricule M376E, puis-je m'asseoir à vos côtés ? » Lui demanda t-il d'une voix douce et posée.

    Son regard était ô combien tendre et son sourire était radieux, on pouvait lui faire confiance du moins son visage nous criait de lui faire confiance. Il s'apprêtait à s'asseoir pensant que la politesse de la demoiselle ferait en sorte qu'elle lui réponde par l'affirmative. Travis avait cet air des pères dans les anciennes sit coms américaines, le sourire bien blanc, les cheveux un peu ébouriffés mais qui lui donnent un air plus qu'amical. Lorsqu'il plongea son regard dans le sien, une vague de souvenirs le frappa comme s'il fut replongé dans le passé. Ils étaient bien plus jeunes qu'aujourd'hui et mangeaient des gaufres chez leurs grand parents tout en s'amusant à un jeu d'enfants : trouver des mots qui commencent par chaque lettres de l'alphabet. Un petit sourire amusé s'esquissa sur ses lèvres alors qu'il imaginait cette femme aux airs hautains en train de jouer à un tel jeu. Cela ne semblait plus être dans ses capacités, elle était tellement ... Shivesque qu'il en avait la nausée. Où était sa soeur ? Etait-elle encore dans ce frêle corps ou l'avait-on pour toujours enfoui au plus profond de la terre. Cette question lui passait toujours par la tête quand il la voyait, cela lui fendait le coeur mais il ne fallait rien montrer aujourd'hui, pas maintenant. Il devait d'abord se lier d'amitié avec elle. Voilà tout.

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Susanna J. -F119B-
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MessageSujet: Re: Le bonheur ne se cherche pas   Mer 24 Déc - 17:51

    Toujours rien. Toujours le désert le plus abyssal dans ses recherches que c’en était désespérant. Elle avait cru un instant avoir trouvé le talon d’Achille de la maladie. Elle était parvenue à la vaincre sur certains rats qui lui servaient de tests mais d’autres n’avaient pas supporté le traitement et le tout avait empiré. Il était hors de question de lancer des recherches plus approfondies sur des cobayes humains dans de telles circonstances. Ce n’était pas réellement quelque chose qui l’arrêtait ce genre de considération. On l’avait très bien éduqué pendant ces douze dernières années à ce sujet. Elle était prête à n’importe quel sacrifice si ce dernier – et uniquement – si ce dernier avait pour but l’amélioration de l’espèce humaine et sa préservation pour les siècles à venir. Ce qu’elle appliquait aux vulgaires rats de laboratoires, elle n’hésitait pas à le faire subir aux êtres humains si on lui en offrait l’occasion. Elle n’était pas pervertie par l’idée de richesse ou de performance, elle voulait juste le meilleur avenir pour tous. Une idéaliste de plus à SHIVA. Et étant donné qu’on lui assurait que ses recherches étaient pour le bien de tous, elle n’avait aucune raison de se questionner sur le fait de ce qu’elle faisait était bien ou mal. Ne lui restait que la nuit où son esprit était torturé entre deux facettes de sa personnalité qu’elle n’arrivait pas à concilier. Le jour, elle en faisait taire une qui se hâtait de revenir à la charge dès lors qu’elle abaissait ses gardes. C’était juste une question d’état d’esprit à avoir en toute circonstance.

    Lorsque l’heure de sa pause déjeuner se fit retenir, elle et ses collègues délaissèrent leur poste après avoir rangé le tout dans l’attente de quelques heures de plus dans l’après-midi. Une bulle de blancheur et de stérilité qui finissait forcément par vous influencer sur tel ou tel aspect de la vie. Ca pouvait être une horreur des contacts physiques avec les autres ou comme dans le cas de la jeune matricule la fâcheuse manie de vérifier que ses couverts étaient d’une propreté sans défaut. Des déviances qui parfois conduisaient les individus à disparaître sans prévenir et ne jamais reparaître. Que devenaient-ils ? La question la taraudait quelques heures, jours tout au plus, puis elle oubliait. Elle passait à quelque chose. Elle avait appris à ne pas se laisser influencer par son passé. Après tout, si elle avait tout oublié d’avant son arrivée ici, cela devait bien signifier quelque chose. Le passé ne servait à rien et on pouvait très bien vivre et se développer sans lui. Elle s’en était toujours très bien sortie sans.

    Arrivée au réfectoire, seule moment et endroit de la journée où les habitants pouvaient ouvrir leur horizon et découvrir d’autres matricules, elle scanna rapidement les lieux pour trouver une place. Ce qui était assez drôle, c’est que bien que le moment soit idéal pour se mélanger les uns les autres, la grande majorité des habitants se regroupaient par matricules. C’était sans doute plus simple ainsi. Ne voyant pas Ezechiel ou quelqu’un de ses connaissances, elle alla s’installer au bout d’une table occupée par des matricules Soldiers. Elle n’avait pas peur d’eux mais elle laissa tout de même une certaine distance entre eux et elle. Par habitude encore une fois. Sa fâcheuse timidité l’empêchait d’aller à l’encontre des autres sans que son meilleur ami ne soit là pour l’encourager dans cette voie. Perdue dans la contemplation de sa salade, se demandant si elle devait ou non l’arroser de sauce ou la manger ainsi, elle releva lentement les yeux en entendant une voix douce et qui lui semblait étrangement familière au point de ne pas la faire sursauter. Sans comprendre ce qui lui arrivait, elle déglutit difficilement lorsqu’elle mit le visage sur la voix qui venait de s’adresser à elle. C’était le type qui l’effrayait et qui lui jetait d’étranges regards qu’elle surprenait de temps à autres, des regards comme celui qu’il posait sur elle à cet instant. D’un côté, elle avait une boule au ventre qui était en train de se nouer, une boule d’angoisse non dissimulée qui la faisait s’interroger sur les intentions de ce matricule à son encontre. Mais de l’autre, une partie d’elle-même était … soulagée et heureuse. Comme si voir cet inconnu était la meilleure chose qui lui arrivait depuis son arrivée à SHIVA. C’était étrange et stupide. Se secouant la tête, reprenant ses esprits et avec l’intention de découvrir la vérité à son sujet, du moins de s’en approcher, elle se redressa légèrement et se présenta à son tour.

    « Bonjour. Matricule –F119B-. Bien sûr, allez-y. »

    Etrange qu’elle accepte sa demande. Un nouveau matricule. Un nouvel arrivant. De manière générale, elle les évitait. Qui sait on n’était jamais à l’abri d’une défaillance du processus d’effacement. Mieux valait prévenir que guérir. Pourtant, elle ressentait un profond sentiment aux côtés de cet inconnu qui l’effrayait malgré son regard lumineux et sa voix se voulant réconfortante. Un sentiment dont elle ne parvenait pas à définir correctement l’origine. Sans un mot, elle reposa son regard dans son assiette, tentant d’ignorer la présence à ces côtés du matricule Essential. Elle n’avait décidément pas choisi la bonne table. Entre les sanguins Soldiers et le rustre Essential, qu’est ce qu’une matricule B faisait. L’histoire de sa vie sans doute. Peut être que si elle se dépêchait de manger, elle pourrait aller faire un tour du côté de la salle informatique et tout raconter à Ezechiel. Au moins avait-elle le matricule de celui qui était un sujet de conversation récurrente entre eux. Et si elle poussait l’investigation plus loin et lui demander pourquoi elle le voyait bien souvent dans ses alentours ? Mais si elle se trompait, si c’était seulement le hasard ? Elle ne supporterait pas la honte. Mieux valait ne rien faire que de tenter le sauvage.
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Travis J. -M376E-

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MessageSujet: Re: Le bonheur ne se cherche pas   Jeu 25 Déc - 16:17

    Le visage de sa tendre soeur était totalement différent. Rien à voir avec son ordinaire sourire, son regard amusé d'autrefois, il y avait quelque chose en elle qui l'avait éteint et ce devait certainement être son amour pour son frère. Travis était cependant ravi de pouvoir s'asseoir à ses côtés pour quelques minutes peut-être même une heure si on le lui permettait. Elle lui répondit par l'affirmative comme à son habitude et c'est pour cela qu'il s'installa en face d'elle et but une gorgée de son verre de lait. -F119B- Voilà le nom de soeur, envolées les blagues au sujet de son prénom, envolée la douce intonation de sa voix quand elle se présentait. Travis s'installa donc face à elle, le regard rivé vers son assiette, il n'osait pas affronter le regard de sa soeur qui devait le prendre pour un fou : il en était sûr. Levant un sourcil, il tournait dans sa tête plusieurs phrases pour commencer une conversation avec la jeune femme. De quoi pouvaient-ils parler ? Il ne semblait plus rien avoir en commun et cela le troublait. Travis prit une bouchée de son assiette avant de lever la tête soudainement, voilà qu'il avait repris des forces. Non. Il ne savait toujours pas commencer son discours, comment ne pas lui faire peur.

    « Je fais partie des Essentiels mais tu dois certainement le savoir. Et toi ? »

    Dit-il d'un air assez enthousiaste.
    Il lui avait dit cela d'un air amusé comme s'il était fier de faire partie des Essentiels. Cela pouvait paraître surprenant puisque les Essentiels étaient considérés comme le dernier chaînon de la chaine alimentaire... Cela l'énervait mais s'il ne voulait pas troubler sa soeur ou même l'effrayer, il devait lui montrer qu'il faisait partie de ce monde, qu'il y était ancré comme une pierre sur une bague. Il en faisait partie et Shiva faisait partie de son sang, de son âme, de son coeur. Il passa une main dans ses cheveux avant de plonger à nouveau son regard dans le sien. Travis lui adressa un petit sourire amusé. Apparemment elle semblait moins effrayée mais il fallait rester semblable à cela : loin de ce qu'il était réellement.


    « Tu es ici depuis longtemps ? »

    Poursuivit-il comme si la vie de la jeune femme l'intéressait.
    Travis en fait ne voulait qu'une seule chose : se lier d'amitié avec sa soeur. Il voulait qu'elle ait confiance en lui, qu'ils se parlent, qu'ils deviennent amis. C 'était certes suréaliste vu la manière dont elle n'avait pas confiance en lui, dont elle examinait le moindre de ces gestes. Il avait du l'effrayer à force de la suivre, de regarder ses faits et gestes ... mais si seulement, elle savait que c'était son frère et qu'ils s'aimaient beaucoup il y a quelques années. Travis continuait à manger d'un air tranquille et attendait les réponses de sa jeune soeur. Alors qu'il la regardait d'un air distant sans vraiment lui faire peur, il se demandait comment elle avait vécu les premiers jours ici. On l'avait arraché de sa famille, de son frère aîné, on lui avait offert une nouvelle vie ... une vie si lointaine de la sienne. Il s'était beaucoup inquiété pour elle, il s'était demandée si elle était morte, si on l'avait enlevé, si quelqu'un l'avait tué, si on l'avait kidnappé. Personne ne lui avait dit quoique ce soir, il avait eut des semaines pour s'inquiéter. Puis, il s'était dit que peut-être ses parents étaient au courant de quelque chose, ils devaient certainement savoir quelque chose puisqu'ils ne s'inquietaient pas, eux.

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Susanna J. -F119B-
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MessageSujet: Re: Le bonheur ne se cherche pas   Ven 26 Déc - 0:29

    IL Y A 16 ANS.

    L’intérieur harmonieux d’une demeure. Les murs sont recouverts de lambris sur lesquels les ombres projetés par une cheminée où du bois craque délicieusement se reflètent et se combattent dans un duel chimérique comme seuls les enfants peuvent l’imaginer. La nuit entoure la maison de son manteau réconfortant tandis que deux jeunes enfants vaquent à leur occupation, chacun de leur côté. Le jeune garçon est en train de faire ses devoirs consciencieusement sur le bureau tandis que sa sœur cadette est en train de s’amuser avec des soldats de plomb sur le sofa à quelques pas de là.

    « Nous sommes en danger. Nous avons été séparés !! » hurle soudain la petite fille, totalement paniquée dans la voix.
    « Séparés de quoi ? » interroge son frère en poursuivant habilement ses devoirs sans lui prêter plus d’attention.
    « De notre section, Travis. Nous avons été débordé par l’escouade française. Nous ne pourrons jamais rejoindre notre section. » Elle pousse un léger soupir avant d’observer ses soldats d’un air contrarié. « Nous allons devoir recourir au cannibalisme. »
    « Déjà ? Nous n’avons pas de rations ou quelque chose dans le genre ? »
    « On les a perdu. On va devoir se manger entre nous. »
    « Tu n’es pas sensée apprendre ton récital de danse ? »
    « Déjà fait. » réplique-t-elle aussitôt en se rapprochant de son frère, surveillant ses devoirs. Ce dernier en a vite assez et reporte son attention sur un sujet plus distrayant.
    « Alors, comment les français nous ont vaincus ? »
    « Ils ont utilisés des dinosaures. »
    « Bordel !! » s’exclame Travis au moment même où leur père rentre dans la pièce. Ce dernier se presse de lui faire remarquer :
    « Ton langage ! »
    « Pardon papa. C’est les français qui nous ont attaqués avec des dinosaures. »
    « Travis a été décapité dans la bataille. »


    [* inspiré de 1.10 Safe - Firefly]


    AUJOURDHUI.

    Le décor a changé. Les protagonistes ont grandis. Mais la même histoire continue de se jouer en quelque sorte.

    Susanna releva les yeux de son assiette, les plongeant dans le regard franc et direct de son interlocuteur. C’était une erreur qu’elle venait de commettre sans s’en rendre compte car à peine l’avait-elle fait, elle sut qu’elle ne pourrait s’en détacher. Il y avait quelque chose au fond de ses yeux qui remuait quelque chose au plus profond d’elle-même. Pas très fort, pas très marqué mais plus comme si un petit, tout petit mécanisme avait pris place et s’était mis en marche. Elle ignorait s’il avait son importance ou s’il allait mener à quoi que ce soit mais toujours est-il que le matricule E assis en face d’elle était loin de la laisser indifférente comme la majorité des personnes qu’elle rencontrait le faisait. Que ce soit dans un sens ou dans l’autre. Jusqu’à présent, ça avait toujours été en négatif. Parler avec lui, le découvrir allait-il inverser la vapeur ? Elle en doutait très sincèrement.

    « Je m’en doutais en effet. » répliqua-t-elle en lui faisant une petite moue incompréhensive. Elle était ici depuis suffisamment longtemps pour déchiffrer les codes de couleur et de matricule. Mais comme il était nouveau, ça ne devait pas être son cas. Ca viendrait avec le temps. Une chose était sûre, c’était qu’il semblait apprécier sa place dans la cité. C’était une bonne chose. Mais pour Susanna, il était difficile d’imaginer qu’on ne puisse pas apprécier d’être à SHIVA, quel que soit son rang. Nous étions tous sur un terrain d’égalité après tout. « Matricule Brain. Ceux qu’on enferme dans des labos et qu’on regarde ce qu’il se passe. » répondit-elle avec un léger sourire en coin. Encore une fois, des blagues intra-muros qu’il ne pouvait pas comprendre. « Tu travailles dans les champs ou dans les cuisines ? » lui demanda-t-elle. Simple rhétorique de politesse. SHIVA l’avait bien éduqué. Toujours s’intéresser aux autres. Ce qui allait plutôt bien avec son caractère curieux. Etrangement, le tutoiement s’était imposé de lui-même, sans qu’elle tique.

    « 12 ans. » fut sa réponse automatique sans qu’elle ait eu besoin de réfléchir. Certains pourraient y voir un ennui profond, un décompte lent et attentif des journées qui s’étiraient sur sa vie monotone et triste. Mais la vérité était que c’était inscrit en elle. C’était une chose facile que de se souvenir de ce jour-là. Elle y était née avec sans le moindre doute plus de perspicacité et d’éveil que son tout premier jour biologique. Elle avait pu mieux l’apprécier, l’appréhender. Elle n’avait que 12 ans. Son éducation, sa vie avait été en accéléré. Mais pour autant, elle l’aimait. Plus que tout. Elle ne pourrait jamais suffisamment remercié SHIVA pour ce qu’ils avaient fait. S’ils n’avaient pas été là, s’ils ne l’avaient pas accueilli, elle serait morte depuis longtemps. Ou pire … « Tu es arrivé récemment. Tout se passe bien ? » Pure question de formalité une fois de plus. Si tel n’était pas le cas, il ne pourrait même pas parler avec elle. « Tu t’y fait facilement à SHIVA ? Si tu as besoin de réponses à tes questions, n’hésite pas. Nous sommes là depuis suffisamment longtemps pour t’aider. » lui assura-t-elle dans un léger sourire poli, en espérant qu’il ne le ferait pas ou interrogerait quelqu’un d’autre. Elle n’oubliait pas l’intensité de son regard qu’il posait parfois sur elle. La matricule avala un bout de sa salade, réfléchissant sur ce qu’elle devait faire. Allait-elle en avoir le cœur net ou … ? Mais avant qu’elle ne s’interroge trop longtemps, elle décida de suivre les conseils de son meilleur ami et de foncer tête baissée avant de reculer.

    « Je peux te poser une question ? » Elle redressa la tête et se mordilla la lèvre inférieure, comme à chaque fois qu’elle s’apprêtait à poser une question gênante. « Est-ce qu’on se connaît ? » Les sourcils froncés, l’air résolu, ça y est, elle s’était jetée à l’eau. Mais avant qu’il n’ait l’occasion de répondre, elle précisa ses pensées. « Parce que ce n’est pas la première fois qu’on se croise à SHIVA. Je me fais des idées, c’est le hasard total ou … ? » Ou quoi ? Qu’est ce qui pouvait bien motiver une personne à observer une autre. Autre que ce qu’elle faisait avec –M118S-. Or là, elle avait le pressentiment et surtout l’espérance que ce n’était pas du tout ça. Rien qu’à cette idée, elle en frissonnait de dégoût sans raison.
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Travis J. -M376E-

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MessageSujet: Re: Le bonheur ne se cherche pas   Ven 26 Déc - 1:11

    Lorsqu'elle plongea son regard dans le sien, Travis crut revivre les instants passés. Il en avait froid dans le dos, sa soeur avait grandi. Elle avait tant grandi, c'était devenue une femme, une jolie jeune femme, d'ailleurs il trouvait qu'elle ressemblait beaucoup à leur mère mais cela, elle ne devait pas s'en souvenir. Aucun souvenir. Il fallait qu'il se mette cette idée dans l'esprit mais il avait beaucoup de difficultés. Travis la regardait avec un petit air d'ahuri, il se souvient de la première fois qu'il l'avait vu à SHIVA, il n'en avait pas cru ses yeux. Il avait l'impression d'être l'idiot du village assis face à elle, à l'entendre parler. Elle avait un petit quelque chose qui l'agaçait et bien qu'elle était sa soeur, il se disait qu'elle avait été bien trop formatée pour qu'il lui en veuille. « Matricule Brain ». Il n'en croyait pas ses oreilles, c'était ainsi qu'elle se présentait ... Bon sang de bon soir. Qu'est ce que c'était pathétique. Travis se contenta d'arquer un sourcil à la ... blague – il s'agissait réellement de cela ? - de sa soeur, un petit sourire s'était dessiné sur ses lèvres comme s'il trouvait cela craquant. Sa soeur vivait réellement dans un autre monde. « Ok. »Se contenta t-il de répliquer tout en haussant les épaules, à vrai dire il ne savait pas vraiment que lui répondre. Il n'avait pas le même sens de l'humour ...

    « Je travaille dans les champs. Je m'occupe du bétail et des cultures.» Dit-il avec un petit sourire amusé. Il se souvenait de sa petite soeur quand elle avait essayé de caresser une vache pour la première fois de sa vie dans une ferme pédagogique comme on les appelle. Il se souvenait encore de sa grimace suivi d'un rire amusé. Elle était adorable, et encore aujourd'hui, il avait envie de la prendre dans ses bras et de la serrer contre lui. Sa soeur lui avait tout simplement énormement manqué, douze années. Douze longues années. Travis écarquilla les yeux en entendant cette date, il n'en avait jamais pris conscience et la réalité venait de s'abattre sur lui comme un couperet. Tout cela lui fit absolument mal au coeur, il fronça les sourscils avant de répondre d'une voix tranquille à sa question. « Oui, très récemment. SHIVA est au-delà des espérances. »Il essayait de rentrer dans son jeu, s'il voulait se rapprocher de la jeune femme, il fallait qu'il devienne très proche d'elle et pour cela, il fallait être pro-SHIVA même s'il en avait la nausée rien que d'y penser.

    Sa soeur était toujours aussi polie, une politesse loin d'être sincère puisqu'il s'agit tout simplement d'une politesse formatée. Une politesse qu'on vous inculque sans vraiment réflechir. SHIVA était au-delà de tout ce qu'il avait pu imaginer, il ne s'était jamais imaginé quelque chose comme ca : un véritable cauchemar. Travis acquiesça d'un signe de tête quand elle lui demanda si elle pouvait lui poser une question mais il ne s'attendait pas à une question comme celle-ci, il en était plus que surpris et passa une main presque nerveuse sur sa barbe de quelques jours. Que lui répondre ? Elle avait remarqué qu'ils se croisaient souvent depuis son arrivée. Il ne fallait pas l'effrayer.


    « Je crois que nous nous sommes déjà rencontrés, en effet. Ca peut paraître surprenant qu'un Essentiel ait connu quelqu'un comme toi ... mais je ne sais pas. En plus le travail que tu accomplis à et pour SHIVA m'impressionne beaucoup. Je trouve ça formidable. Je tenais à te remercier pour ce que tu fais. »

    Lui dit-il d'un air sincère et tranquille.
    Il aurait réellement aimé lui dire qu'en fait, ils se connaissaient auparavant, ils étaient frère et soeur et ils avaient été inséparables. Il aurait aimé lui expliquer, lui rappeler tout leur passé, lui parler de leurs parents, de leur maison, de l'extérieur, de la beauté du monde extérieur. Il aurait aimé ... mais il ne le faisait pas. Il ne fallait pas brusquer quelqu'un dont l'esprit était bloqué depuis tant d'années.
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Susanna J. -F119B-
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MessageSujet: Re: Le bonheur ne se cherche pas   Sam 27 Déc - 0:19

    Il travaillait dans les champs. Son instinct l’avait conduit juste. Dans le même temps, ce n’était pas bien difficile. Lorsqu’on était un matricule E, il n’y avait pas 36 000 solutions pour avoir une nouvelle vie – ou une vie tout court en fait -. Comme chacun des matricules, chacun dans son domaine, ils n’avaient pas beaucoup d’options. C’était juste des détails après qui les différencier les uns des autres. Mais globalement, ils faisaient tous la même chose. Ce qu’on faisait nous déterminait. La manière dont on le faisait nous définissait. Il y avait une différence subtile dans cette assertion que Susanna mettait tous les jours en pratique. Pour autant la jeune fille n’estimait pas que les différents matricules se valaient les uns les autres. Certes, ils pouvaient paraître interchangeables au contraire des Talents. Ce qu’un Essential ou un Soldier pouvait effectuer, un autre matricule de ce type pouvait l’effectuer tout aussi parfaitement sans qu’aucune différence notable soit mise en avant. Mais chacun avait sa petite part au fond de lui, ce quelque chose qui le rendait unique aux yeux d’un autre ou à ses propres yeux. SHIVA avait beau être parfaite, ses habitants en concordance avec, il y avait autant de sortes de perfection que de personnes résidents ici.

    « C’est quelque chose que je ne pourrai pas faire. » soupira-t-elle en trifouillant de sa fourchette la salade qui ne lui causait aucune montagne russe dans le creux de son ventre et ne lui donnerait envie de se précipiter dessus. Elle garda le silence quelques instants avant de se rendre compte qu’elle avait peut être heurté la fierté de son interlocuteur ou quelque chose dans le genre. Elle se reprit aussitôt, tentant de rattraper son erreur. « Je suis allergique au pollen. On travaille dessus mais pour le moment aucun traitement durable et permanent n’a été trouvé. » Elle haussa les épaules pour marquer ses propos. C’était étrange qu’elle soit aussi bavarde avec un inconnu qui l’effrayait jusqu’au plus profond d’elle-même il y avait encore quelques heures. Mais le ton de la confidence semblait de rigueur et même si elle se méfiait toujours de lui, elle ne pouvait s’empêcher de révéler des choses qui lui étaient parfaitement personnelles sans que son esprit ait le temps de les empêcher de sortir.

    « En général oui. » répondit-elle doucement, un sourire léger sur ses lèvres. Oui, SHIVA était toujours au-delà des espérances. Ce n’était pas bien difficile cependant étant donné que les nouveaux arrivants n’avaient pas de standards à quoi se raccrocher, à quoi comparer cette existence qui s’offrait à eux. Elle attrapa une tomate cerise du bout des doigts dont elle croqua le goût légèrement acidulé et piquant le bout de sa langue avant de reporter à nouveau son attention sur le regard troublant de son interlocuteur. Finalement, elle obtenait une réponse. Ce n’était pas ce à quoi elle s’attendait mais c’était une manière. Elle avait l’irritante impression qu’il ne répondait pas vraiment, qu’il esquivait.

    « Il n’y a rien d’impressionnant là-dedans. Je crois que … chacun d’entre nous accomplit de grandes choses à son niveau. La société est parfaitement mise en place. Nous sommes tous les rouages d’un mécanisme parfaitement huilé. Sans Essential, nous dépéririons de faim et de froid. Sans Agent, nous ne pourrions vivre en harmonie les uns avec les autres. Sans Soldier, personne pour nous défendre de l’extérieur. Sans Talent, nous pourrions dire adieu à nos rêves. Et sans Brain, pas d’avenir. C’est tout ce qui compte, non ? Le présent et l’avenir. » Lentement un sourire ravi s’était étiré sur son visage. « C’est bon d’avoir sa place quelque part. » Elle reporta son attention sur la bruyante assemblée de Soldiers au bout de la table et se versa un verre d’eau dans sa carafe. Avant de continuer la conversation avec son interlocuteur. Elle avait envie de percer son mystère, du moins la raison pour laquelle il l’intriguait autant. Et pourquoi elle était si à l’aise avec lui. Elle avait été si longtemps effrayée par sa silhouette massive. Il lui était difficilement concevable de comprendre comment elle pouvait si vite changer de direction. « Tu as rencontré d’autres Matricules depuis ton insertion ? »
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Le bonheur ne se cherche pas
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